Avec plus de 300 migrants clandestins tunisiens qui tentent la traversée chaque jour vers les côtes italiennes, l’Europe s’inquiète, l’Italie en tête.

 

Dans une déclaration aux médias, rapportée par la chaîne italienne Teleischia, le vice-président du Sénat italien, Roberto Calderoli, s’interroge : “Je ne comprends vraiment pas cette vague d’immigration, sauf si la guerre a éclaté en Tunisie et que je ne le sais pas.” Une déclaration qui fait suite à la hausse vertigineuse du nombre de migrants tunisiens qui arrivent depuis le début de l’année sur les côtes italiennes.

Ces dernières semaines, plusieurs officiels italiens se sont rendus en Tunisie pour demander aux autorités locales d’être plus vigilantes et d’empêcher les candidats à l’immigration clandestine, de plus en plus nombreux, de mettre leurs plans à exécution.

La semaine dernière, une délégation présidée par le ministre des Affaires étrangères italien, Luigi Di Maio, s’est entretenue avec le président tunisien, Kaïs Saïed. Pour tenter d’endiguer le phénomène, l’Italie a annoncé qu’une enveloppe de 10 millions d’euros sera consacrée au financement d’entreprises tuniso-italiennes.

Mais à l’heure où la Tunisie vit une vague d’immigration clandestine sans précédent depuis 2011, des experts et des militants tunisiens mettent en garde les autorités tunisiennes contre ce qu’ils considèrent comme des pressions italiennes et européennes pour que la Tunisie joue le rôle de gardien des frontières de l’Europe. Ils demandent à la Tunisie de refuser clairement de jouer ce rôle.

Interrogé sur cette question par le site Maghreb Voices, Ikbal Ben Rejeb, président de l’Association de sauvetage des Tunisiens bloqués à l’étranger, a estimé que:

"les capitales européennes veulent renforcer les capacités sécuritaires des autorités [tunisiennes] en mer, moyennant la fourniture de vedettes, pour limiter l’immigration clandestine”.

Une approche sécuritaire jugée inappropriée par le porte-parole du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux, Romdhane Ben Amor, qui considère qu’elle pourrait freiner l’immigration illégale de manière temporaire, avant qu’un rebond ait lieu, dans les prochains mois.

“L’Union européenne profite de la crise politique actuelle, avec un gouvernement instable et une situation économique difficile, pour conclure un accord qui accélère les opérations de rapatriement de migrants”, dénonce Romdhane Ben Amor.

À ce sujet, le site d’information indépendant L’Économiste maghrébin rapporte que Di Maio a déclaré lors de sa visite à Tunis que l’Italie expulserait “tout citoyen tunisien qui entrera de manière clandestine en Italie”.

Dans un communiqué officiel, le président tunisien a lui-même insisté sur “l’importance d’une approche globale et concertée en matière d’immigration, basée essentiellement sur la lutte contre la pauvreté et le chômage”.

Depuis le début de l’année 2020, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux a recensé 6 400 migrants tunisiens qui ont réussi à joindre les côtes italiennes, dont plus de 4 000 pour le seul mois de juillet.

 

Par Malik Ben Salem, publié le 30 août 2020 sur Courrier International.

Photo : Un groupe de migrants tunisiens récupérés par les garde-côtes au large de Bizerte (Tunisie), en octobre 2017. REUTERS/Zoubeir Souissi

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